Formation professionnelle : cap sur la qualité !

Formation professionnelle : cap sur la qualité

Formation professionnelle : cap sur la qualité !

Depuis la loi de 2014 et l’arrivée du compte personnel de formation, le secteur de la formation professionnelle se métamorphose. Sous l’impulsion des financeurs, les organismes de formation continue doivent désormais faire la preuve qu’ils dispensent une offre de qualité. Grâce à son expertise des normes volontaires et des certifications, le groupe AFNOR, lui-même prestataire de formations, peut vous aider à vous mettre en conformité. Voici comment.

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Organismes de formation, il sera bientôt trop tard… En vertu du décret du 30 juin 2015 pris en application de l’article 8 de la loi du 5 mars 2014, qui réforme la formation professionnelle, vous devez apporter la preuve, en six points, que votre offre est de qualité. Sous peine d’être déréférencé par les financeurs (État, régions, OPCA, Opacif, Agefiph, certains Fongecif), à qui la loi de 2014 confie la responsabilité du suivi et du contrôle de la qualité des organismes de formation avec lesquels ils travaillent. Et ne pas être référencé, c’est prendre le risque que les formations que vous proposez aux stagiaires ne soient plus prises en charge. Donc de voir vos clients et stagiaires vous faire faux bond au bénéfice d’un concurrent dûment adoubé.

Pour montrer patte blanche, deux solutions. La première : déposer toutes vos preuves de qualité auprès du financeur – par exemple dans la base de données ouverte pour l’occasion depuis le 1er janvier 2017, Datadock. La seconde : présenter un label ou une certification reconnu par le Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle (CNEFOP), qui a notamment sélectionné dans sa liste trois distinctions d’AFNOR Certification (AFAQ ISO 9001:2015 appliquée aux organismes de formation professionnelle continue, AFAQ Conformité formation professionnelle, NF Service Formation professionnelle). Vous lisez cet article en juillet 2017 et pensez donc que les dés sont jetés ? Pas tout-à-fait : en pratique, vous pouvez encore finaliser votre projet auprès de votre financeur. Notre consultant-formateur Sylvain Goize détaille ici tous les points de vigilance à avoir à l’esprit quand on constitue son dossier. Au 10 juillet 2017, sur quelque 39 445 organismes de formation identifiés, 9 671 avaient clos leur dossier Datadock avec succès et accédé au statut d’organisme référençable dans les catalogues des financeurs. Et 15 297 avaient terminé leur déclaration, dans l’espoir être référençables sous soixante jours.

Au cœur de cette démarche, donc, un enjeu déterminant : la qualité. Et en ligne de mire, la professionnalisation du monde de la formation continue, pour répondre aux besoins des apprenants, combattre le chômage et lutter contre les abus. En attendant le vote par ordonnances de la loi Travail, « la législation consacre une nouvelle obligation : celle de former pour maintenir et faire évoluer les compétences, en lieu et place de l’obligation de financer une formation, souligne Sandrine Carbonaro, responsable du développement des partenariats chez AFNOR Compétences, la filiale formation du groupe AFNOR. Ce nouveau dispositif a aussi pour but de faire le tri, car le monde de la formation continue est fait de multiples acteurs, généralistes ou spécialisés, petits et gros, dont beaucoup apparaissent et disparaissent chaque année, avec un niveau de rigueur et de professionnalisme très variable. »

Vous souhaitez passer outre ? Vous pouvez : les organismes qui ne pourront ou ne souhaiteront pas se faire référencer peuvent toujours compter sur les entreprises, qui assurent près de la moitié du financement annuel de la formation continue pour leur amener des stagiaires. Mais c’est à vos risques et périls. Car, la plupart du temps, ces mêmes entreprises font en sorte que les formations soient prises en charge par les financeurs… qui vous demanderont des preuves de qualité. Autant donc afficher ces preuves, pour inspirer confiance et préserver ses marchés !

La norme volontaire, gage de qualité pour les formations professionnelles

C’est ici que la norme intervient. Du moins la norme volontaire, cet outil de droit souple fait par et pour les professionnels, donnant, sans aucun caractère obligatoire, des lignes directrices et un modèle d’organisation à copier-coller pour réussir son projet – ici le déploiement d’une culture qualité. Comme le précise Fatma Bensalem, cheffe de projet chez AFNOR Normalisation, « la formation professionnelle est le premier domaine à s’être prêté au jeu de la normalisation volontaire, du moins pour les normes de service. À plus forte raison en France, avec la NF X50-761, qui date de 1998 ». Fatma Bensalem poursuit : « En matière de formation professionnelle, les normes volontaires couvrent deux champs : le système de management des organismes de formation et les services rendus par ces derniers. »

Ce panel évolue et s’enrichit au fil du temps. Fin juin 2017, est sorti un guide d’application de l’ISO 9001, la norme-phare des systèmes de management de la qualité, aux organismes de formation professionnelle. Et à l’automne 2017, un groupe de travail va se consacrer à une nouvelle norme volontaire sur l’alternance, la future NF X50-759 : « C’est le modèle de formation le plus efficace et qui correspond aux besoins de la plupart des acteurs : il rapproche emploi et entreprises. L’idée est de proposer des lignes directrices pour instiller plus d’exigence et de qualité », estime Hubert Grandjean, animateur de la commission de travail sur cette norme. Autre travail, au niveau international cette fois : la norme volontaire ISO 29993, tout juste publiée, qui donne des exigences sur ce qu’est un service de formation de qualité. En attendant, toujours à l’échelle internationale, la future ISO 21001 qui cadrera ce qu’est un bon système de management des activités d’enseignement, dans un périmètre incluant la formation continue.

Quoi qu’il en soit, les normes volontaires couvrant le sujet qualité sont très utiles pour un organisme de formation désireux de montrer son professionnalisme, sa bonne compréhension des besoins des clients et sa capacité à y répondre au mieux. « C’est d’autant plus précieux pour aller à l’international : la norme constitue une preuve objective, un gage de performance, de compétitivité et d’innovation », apprécie Emmanuelle Pérès, déléguée générale de la FFP (Fédération de la formation professionnelle). Un atout de taille, à l’heure où en France, les organismes de formation doivent se développer hors des frontières pour tirer leur épingle du jeu, dans un marché instable, sujet à de multiples soubresauts depuis 2014.

Une formation pour déployer et piloter votre démarche qualité

Compte personnel d’activité, compte personnel de formation, critères de qualité du CNEFOP… Dans le monde de la formation continue, tout va dans le sens d’une professionnalisation accrue. Les enjeux sont de taille, car le marché du travail évolue à vitesse grand V. « Le nouveau dispositif gouvernemental entend responsabiliser les individus quant à leur plan de carrière. Et de plus en plus, les salariés sont invités à suivre des formations dites intra, c’est-à-dire au sein même de l’entreprise, sans côtoyer de stagiaires venant d’autres entreprises. Un format sur-mesure, faisant intervenir de nouveaux acteurs, comme des consultants et même des universités, aux côtés des organismes conventionnels. Tout cela milite pour déployer des signes de qualité rassurants et faciles à comprendre par tous », analyse Sandrine Carbonaro.

Autre grand enjeu, justifiant lui aussi plus de qualité : la digitalisation de l’offre de formation. Outre la réalité virtuelle — bientôt, des hologrammes de formateurs ? — les MOOC et l’e-learning envahissent le terrain, tandis que les formateurs s’approprient les nouvelles technologies dans leur travail. « La tendance est au “blended e-learning”, décrit Sandrine Carbonaro. Par exemple, au lieu de dix jours de formation en inter, c’est-à-dire des salariés de plusieurs entreprises réunis chez l’opérateur, on a sur cette même durée deux jours en web conférence et un autre en e-learning. » Or, les modèles disruptifs peuvent susciter la méfiance. Là aussi, la qualité doit rassurer.

Pour accompagner les organismes de formation sur ce chemin tortueux, AFNOR Compétences propose trois formations différentes : « Mettre en œuvre, piloter et évaluer votre démarche qualité », « Mettre en adéquation ses pratiques avec le décret sur la formation continue » et « Bâtir votre réponse aux exigences du décret ». Après l’arroseur arrosé, le formateur formé !

La bonne idée d’AFAQ Conformité formation professionnelle

À l’issue de votre formation, vous aurez toutes les cartes en mains pour monter dans le train de la qualité. Mais soyons clairs : des deux options permettant de se conformer au décret de 2015, celle consistant à présenter un label de qualité offre beaucoup d’avantages. Votre référencement dans Datadock et auprès des financeurs s’en trouve simplifié, à condition, encore une fois, que le label en question soit reconnu par le CNEFOP. C’est l’un des arguments qu’utilise Thomas Cornu, ingénieur chez AFNOR Certification, quand il se déplace dans toute la France pour présenter son panel d’offres aux organismes de formation : « Une cinquantaine d’organismes y assistent en moyenne. Nous leur parlons notamment d’AFAQ Conformité formation professionnelle et de NF Service Formation professionnelle. La première peut s’obtenir en deux mois. Via une plateforme, les entreprises intéressées déposent les pièces, évaluées ensuite par un auditeur. Cette formule a séduit plus de mille clients depuis juin 2016 », explique-t-il.

Certification AFAQ Formation en sécurité privée

Parmi eux, le groupe RH Partners : « C’est facile à utiliser et surtout enrichissant, car cela nous a obligés à rendre plus explicites les documents que nous remettons à nos stagiaires, à reformuler nos procédures, à remettre nos pratiques en question. Nous avons systématisé certaines choses, le livret d’accueil a été mis à jour », apprécie Marianne Gilson, consultante et responsable pédagogique structure. Même ressenti à l’Institut de soudure : « Les critères sont pertinents et posent les bonnes questions, estime André Charbonnier, chargé de mission. Ce travail a permis d’identifier des pistes d’amélioration, par exemple sur les validations partielles en cas de formation longue, sur les solutions à proposer à un apprenant qui n’a pas pu tout valider, etc. »

L’amélioration continue avec NF Service Formation

Pour sa part, NF Service Formation professionnelle, qui s’obtient en neuf à douze mois, s’adresse à ceux qui souhaitent engager une démarche d’amélioration continue. « Certains OPCA ont accompagné les organismes de formation voulant être labellisés. Nous avons délivré 193 certificats à fin juin », annonce Thomas Cornu. Une prestation qui a convaincu Solène Barbisan, animatrice qualité chez SI2P : « En nous aidant à structurer les process, la certification accompagne la croissance rapide de notre réseau d’agences avec l’intégration de nouveaux sites. Elle offre aussi beaucoup de liberté par rapport à d’autres labels ou certifications présents sur la liste du CNEFOP, en nous laissant juges des documents à apporter pour architecturer le système », explique-t-elle.

Chez Didascalia, autre organisme qui propose des formations en français, on n’avait pas l’habitude de formaliser, ni de regrouper informations et indicateurs. « Nous avons créé ce tableau, qui nous permet d’avoir une vision globale des problèmes ou dysfonctionnement rencontrés, et de trouver les solutions adéquates dans les délais les plus brefs. Cela facilite aussi l’anticipation », apprécie Stéphane Robbes, gérant. Pour Valérie Rasera, directrice générale et gérante de CVH Formation, « la certification NF Service Formation professionnelle est la plus exigeante et la plus complète en termes d’obligations, avec une réelle reconnaissance du marché ». « Nous avons pu ajouter des outils pédagogiques et effectuer un suivi plus rigoureux des formateurs et des formations. Cela apporte beaucoup d’efficacité au quotidien et fait gagner du temps, tout en améliorant la qualité des interventions », ajoute-t-elle. Une valeur ajoutée que confirme Catherine Scordia, directrice des formations de l’Ordre de Malte : « C’est un exercice complexe, qui nécessite de remettre en cause tous les processus de pilotage de la qualité. Nous avons ainsi révisé tous les documents envoyés aux clients pour plus de sécurité et d’homogénéité ».

Enfin, n’oublions pas la certification AFAQ ISO 9001:2015 appliquée aux organismes de formation professionnelle continue, nouvellement inscrite sur la liste du CNEFOP. Elle vous permet de rechercher l’amélioration mais surtout d’affirmer votre différence sur le marché de la formation avec l’estampille bien connue de l’ISO 9001 (dans sa version 2015, et dans cette version uniquement), qui parle à tout le monde, y compris en dehors des frontières. Vous hésitez à franchir le pas de la certification qualité ? Vos clients le feront pour vous : à privilégier les organismes de formation dûment référencés, ils vous entraîneront dans la danse !

Infographie : la formation professionnelle en chiffres pour la France

3 QUESTIONS A FRANCOIS-XAVIER MARQUIS, CONSULTANT CHEZ ARAGO COMPETENCES

François-Xavier Marquis, consultant chez Arago CompétencesQuel a été l’impact de la nouvelle législation sur les organismes de formation ?

Elle reconnaît les entreprises, les individus, l’État et les partenaires sociaux (dont les OPCA) comme autant d’acteurs de la formation. Pour autant, ces derniers sont bien en peine de juger du niveau de qualité des organismes de formation, qui ne sont pas assez sollicités sur le plan pédagogique. Dans un monde qui bouge, ce schéma génère des circuits trop longs : tout le monde aurait à gagner à remettre les professionnels de la formation au cœur du dispositif. On comprend la nécessité de structurer les démarches qualité, comme le fait le Datadock. Mais ce nouveau cadre comporte des biais : quid des organismes nouvellement créés ? Quid des formateurs indépendants, qui ne sont pas référençables et se tournent de plus en plus vers le portage salarial ?

La « loi travail 2 », que le gouvernement veut faire passer par ordonnances, devrait encore modifier le paysage. À quoi peuvent s’attendre les organismes de formation ?

Pour le moment, on ne peut faire que des suppositions, mais il est certain que les organismes de formation seront impactés. En attendant d’en savoir plus, je conseillerais, si vous en êtes un, de ne pas changer votre mode de fonctionnement ni votre stratégie. Quels que soient les changements, les formations resteront nécessaires. Et le secteur privé en est le principal financeur ! On arrivera donc toujours à trouver un mode de financement, et les organismes soucieux de qualité tireront leur épingle du jeu.

Comment peuvent-ils préparer l’avenir ?

En anticipant : les organismes de formation et les entreprises qui leur apportent des clients doivent travailler ensemble à identifier les besoins des actifs, afin de concevoir les formations nécessaires, sans décalage de phase. Cela facilitera la tâche des organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) dans leur souci de flécher les sommes collectées vers les formations les plus au goût du jour.

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