Home > News > Les effets du réchauffement lié à l’activité humaine sont déjà observables : leurs grandes lignes

Agrandir le texte Diminuer le texte Affichage :

 

News

All news and events fil rss

  Print      Send        Save   

 

Display by:

2009/01/26

Les effets du réchauffement lié à l’activité humaine sont déjà observables : leurs grandes lignes

Des changements significatifs des systèmes physiques et biologiques depuis cinquante ans sont aujourd’hui établis, pour tous les continents et la plupart des océans, avec une concentration des observations sur l’Europe et l’Amérique du Nord. Bernard Seguin, responsable de la mission «changement climatique et effet de serre» à l’Institut national de la recherche agronomique, est un des auteurs d’une étude parue dans la revue Nature.


Cette publication peut être considérée comme un prolongement des conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat en 2007.


À l’occasion de ce travail collectif, l’analyse de la bibliographie avait permis de constituer une base de données, à partir d’une sélection d’articles contenant des études documentées sur les réponses des systèmes physiques et biologiques de 1970 à 2004.


À partir d’environ 80 publications répertoriées, les chercheurs ont introduit dans la base de données 29500 séries observées, localisées géographiquement et mises en relation avec les évolutions climatiques mesurées pendant la même période. L’analyse quantitative approfondie parue dans Nature permet d’obtenir des résultats statistiques très significatifs.


Plus de 90 % des 29500 séries observées vont dans le sens attendu des effets du réchauffement : précocité des stades de débourrement de la végétation, avancée des dates de floraison des arbres fruitiers et des dates des vendanges, augmentation de la productivité des forêts estimée à partir de données satellitaires, diminution de la longueur des glaciers, variation de la composition chimique des océans et variations des populations de poissons. Il est très improbable pour l’Amérique du Nord, l’Asie (p < 0,05) et l’Europe (p < 0,10) que les évolutions observées soient dues à la seule variabilité naturelle du climat. Les auteurs en concluent que le réchauffement d’origine anthropique a déjà produit des effets significativement observables sur les systèmes terrestres.


– Pour la cryosphère, une fonte accélérée qui se traduit par un recul généralisé des glaciers, une augmentation du ruissellement et des débits dans les zones glaciaires ou nivales, ainsi que des avalanches de glaces et de rochers, le déplacement des mammifères dans l’Arctique et de la faune de l’Antarctique, le déplacement vers le haut de stations de ski…


– Pour l’hydrologie et les ressources en eau, l’accroissement des sécheresses en zones arides et semi-arides, les inondations et les glissements de terrain pendant la saison chaude en zones montagneuses.


– Pour les écosystèmes aquatiques, des conséquences établies sur la stratification thermique et la composition chimique, l’abondance et la productivité, la composition des communautés, la phénologie, la distribution et la migration des espèces végétales et animales.


– Pour les systèmes biologiques terrestres, des réponses bien établies dans l’hémisphère Nord avec une avancée généralisée de la phénologie au printemps et une saison de végétation plus longue. La population de certaines espèces a diminué ou même disparu, et des mouvements vers le nord ou des altitudes plus élevées ont été observés.


– Pour l’agriculture et la forêt, une avancée similaire de la phénologie en Europe et en Amérique du Nord, avec une saison de végétation sans gel allongée. L’ensemble des régions viticoles de ces mêmes zones montre une avancée des stades phénologiques, qui se répercute sur les dates de vendange, ainsi qu’une augmentation de la teneur en sucre et du degré alcoolique.


Source : Enjeux

 
  top
 

Accessibility | Legal information | Contact