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22/02/2010

Ferroviaire européen : un grand pas vers un système de signalisation harmonisé

La Commission européenne a adopté le plan de mise en œuvre du système européen de signalisation et de gestion du trafic ferroviaire ERTMS (European Rail Traffic Management System).


Ce plan prévoit l’équipement progressif des principaux axes européens. Le déploiement d’ERTMS sur le réseau ferroviaire diminuera les coûts de fonctionnement et améliorera l’efficacité du système sur les longues distances transfrontières. ERTMS est également utilisé sur les lignes grande vitesse.


Aujourd’hui encore, en Europe, les lignes et les trains sont équipés de systèmes nationaux incompatibles. Lorsqu’un État membre équipe ses lignes du système européen, il bénéficie d’un système moderne et performant et enlève un obstacle technique au développement de la concurrence sur son réseau. Sans un plan coordonné au niveau européen, chaque État membre pourrait avoir tendance à attendre que le pays voisin fasse le premier pas. La mise en œuvre de l’ERTMS en Europe ne pouvait donc se faire que sur la base d’un accord global avec un calendrier de mise en œuvre indiquant des lignes à équiper pour des dates précises. Le plan européen adopté aujourd’hui concrétise cet accord.


Dans la pratique, le plan européen prévoit que près de 10 000 kilomètres de lignes seront équipés pour 2015. Ces lignes constituent un premier réseau comportant des corridors très importants pour le trafic de marchandises, comme Rotterdam-Gênes, Anvers-Bâle ou Barcelone-Lyon-Budapest-Constanta.


Pour 2020, c’est un véritable réseau de 25 000 kilomètres qui reliera les principaux ports et terminaux de fret européens. En outre, beaucoup d’États membres se sont engagés, par le biais de plans nationaux, à aller au-delà des obligations communautaires. Ce sont ainsi environ 40 000 kilomètres qui devraient être équipés avec ERTMS en 2020.


Ce plan donne désormais l’assurance nécessaire aux entreprises ferroviaires pour investir dans l’ERTMS. Beaucoup d’entre elles anticipent déjà la mise en œuvre du plan, que la Commission soutient avec des cofinancements pour un total de 500 millions d’euros au titre du budget des réseaux transeuropéens de transport 2007-2013 ainsi que par le Fonds régional et le Fonds de cohésion.


Un concept simple


Des informations sont envoyées depuis la voie ferrée au train, où un ordinateur embarqué dans la locomotive les utilise pour calculer la vitesse maximale permise et pour ralentir automatiquement en cas de besoin. L’ordinateur embarqué doit donc comprendre les informations envoyées par le sol.


Ce concept n’est pas réellement nouveau, car il existe déjà plus de vingt systèmes nationaux de contrôle automatique de la vitesse des trains. Ces systèmes nationaux sont malheureusement incompatibles. Pour pouvoir circuler sur des réseaux équipés de systèmes différents il faut soit changer de locomotive aux frontières (ce qui génère des pertes de temps considérables), soit équiper les locomotives de différents systèmes de bord compatibles avec les systèmes au sol des différents réseaux empruntés (ce qui génère des surcoûts et accroît les risques de panne). Dans les deux cas, c’est une faille du marché unique et une entrave à la libre circulation.


Cela porte particulièrement préjudice au transport de marchandises : alors que de par sa nature le transport ferroviaire devrait être plus compétitif sur les longues distances, chaque frontière ajoute des surcoûts, des délais et des risques sur la ponctualité importants, qui se traduisent par des pertes de marché et une saturation du réseau routier. L’ERTMS permet d’accroître significativement la compétitivité du transport ferroviaire. Cela est particulièrement vrai pour le transport de fret, lorsque le système est déployé de manière coordonnée le long d’un corridor et accompagné de mesures pertinentes, telles que l’harmonisation des règles opérationnelles ou l’amélioration de l’infrastructure si nécessaire.


Ainsi, sur le corridor Rotterdam-Gênes, il est possible de doubler le volume de marchandises transportées d’ici à 2020 – ce qui correspondrait au passage d’un poids lourd supplémentaire toutes les trente-sept secondes le long de cet axe. ERTMS est également un grand succès industriel pour l’Europe. Ces performances et son coût font qu’il s’est imposé rapidement même en dehors de l’Europe. L’ERTMS est actuellement le système de référence mondial, utilisé sur toutes les lignes nouvelles.


Source : Enjeux

 

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