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Banques, assurances : pourquoi elles choisissent le label Engagé RSE

A l’heure du reporting de durabilité, exigé des grandes entreprises par la directive CSRD, celles qui ont pris les devant en déployant une démarche RSE basée sur les meilleures pratiques ont fait le bon choix. C’est le cas de plusieurs grands noms du secteur bancassurance, porteurs du label Engagé RSE d’AFNOR Certification. Ils témoignent.

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RSE et durabilité

Face aux défis économiques, environnementaux et sociétaux, le secteur financier et assurantiel transforme ses modèles d'affaires : taux bonifiés, sélection de produits de placement en fonction de critères ESG (environnement, social, gouvernance), couverture des risques climatiques… Mais au-delà de développer leur offre commerciale, pour que celle-ci aille dans le sens d’une finance durable, éthique et responsable, les banques, mutuelles et compagnies d'assurance déploient également leur propre stratégie de RSE en tant qu'entreprises responsables : à côté de la performance financière, la performance extra-financière ! Et elles veulent le faire savoir. Les démarches de labellisation RSE dans le secteur s’accélèrent : parmi les 860 organisations labellisées Engagé RSE par AFNOR Certification (chiffre de mai 2026), plus de 40 sont des acteurs du secteur financier.


A l'occasion de la rencontre nationale des labellisés Engagé RSE, qui s’est tenue le 26 mars 2026 au nouveau siège de Groupama Assurances Mutuelles à Paris, AFNOR a organisé une table ronde dédiée aux enjeux stratégiques de la RSE dans le secteur financier. Autour de la table, Christian Acknin, directeur général de Santéclair, François Coste, directeur groupe durabilité de Groupama Assurances Mutuelles et Valérie Roques, directrice RSE, mécénat et intérêt général de la Caisse d’Épargne Ile-de-France, tous trois labellisés Engagé RSE, ont répondu à la question suivante : comment faire de la RSE un levier stratégique de gestion des risques, d'impact positif et de performance durable ?

Le risque climatique, game changer des métiers de l’assurance

Photo de François COSTE

Dans l’assurance, le changement climatique bouleverse directement les modèles de gestion du risque. Le meilleur sinistre est celui qui n’arrive pas, lance François Coste, pour Groupama. Les événements climatiques extrêmes sont plus fréquents et plus coûteux. Les données du passé ne permettent plus de prédire le futur, notre enjeu est de modéliser le risque explique-t-il. Pour Groupama, cette évolution représente près de 900 millions d’euros d’exposition supplémentaire en 2025. Lors d’un épisode de grêle, ce sont parfois 20 à 30 sinistres qui doivent être gérés simultanément sur un même territoire.


En parallèle, Groupama a mis en place une politique forestière. L’entreprise possède des forêts privées en France et considère la forêt comme un puissant outil de décarbonation et de résilience. Les forêts détenues par Groupama permettent aujourd’hui de séquestrer 12 millions de tonnes de carbone, avec un stock qui progresse de 2 % chaque année, quatre fois l’empreinte carbone de fonctionnement du groupe.

Accompagner les acteurs du territoire vers la durabilité

Les intervenants ont également insisté sur leur rôle d’accompagnement auprès des PME, collectivités territoriales et acteurs locaux. Un euro collecté sur le territoire, c’est un euro investi sur le territoire avance Valérie Roques, pour la Caisse d’Épargne. La Caisse d’Épargne Île-de-France souhaite orienter ses clients vers plus de durabilité. Nous avons recruté deux experts ESG qui participent directement aux rendez-vous clients, ajoute-t-elle. De son côté, Santéclair soutient la relocalisation des acteurs de santé. Lors de la mise en œuvre du dispositif 100 % Santé, l’entreprise a fait le choix de soutenir la filière française de l’optique. Aujourd’hui, 53 % des verres distribués dans son réseau sont aujourd’hui fabriqués en France. L’entreprise agit également contre les déserts médicaux via des solutions de téléconsultation et l’intégration de start-up innovantes dans les parcours de soins.

Le label comme outil de structuration et de mobilisation interne

La RSE oriente toutes nos décisions, des achats aux relations avec les fournisseurs, et cela se reporte sur tout notre écosystème, résume Christian Acknin, pour Santéclair. Dans cette entreprise, les critères de RSE représentent aujourd’hui plus de 20 % des appels d’offres, contre moins de 5 % il y a dix ans. Cela donne du sens, la labellisation est un super levier de management, ajoute-t-il. Même son de cloche à la Caisse d’Épargne Île-de-France. La banque, qui recrute environ 700 collaborateurs par an, estime que le label contribue à l’attractivité employeur et à l’engagement interne. Lors des audits, chacun voulait montrer le meilleur de ce qu’il faisait, explique Valérie Roques.


Ces résultats rejoignent ceux de l’étude de Responsability Europe sur l’impact de la labellisation RSE : 83 % des organisations labellisées constatent un renforcement de l’engagement et de la fierté d’appartenance des collaborateurs. Plus largement, 88 % observent un impact direct sur leur dynamique de transformation et 80 % estiment que la démarche améliore leur crédibilité auprès des parties prenantes.

Reporting extra-financier et formation à l’ESG

Il n’est pas facile d’appliquer la rigueur de l’analyse financière à des données extra-financières, reconnait François Coste, pour Groupama. Pourtant, c’est indispensable pour mieux mesurer la performance extra-financière en intégrant les enjeux de RSE dans la définition des stratégies, les tableaux de bord et les décisions d’investissement. Les trois intervenants ont également insisté sur l’importance de la formation. La RSE ne peut plus être portée uniquement par la direction et/ou le service dédié : elle doit désormais irriguer l’ensemble des métiers. Pour cela, AFNOR Compétences a l’offre qui convient.

Le petit plus d’Engagé RSE

Pourquoi Engagé RSE et pourquoi pas un autre label ? Nos interlocuteurs du monde la bancassurance et des mutuelles avaient étudié le label B Corp, avant de l’écarter. Ils évoquent un référentiel entièrement en anglais, un fonctionnement jugé moins adapté au modèle mutualiste et coopératif, avec l’exigence de labelliser simultanément l’ensemble des entités d’un groupe. À l’inverse, le label Engagé RSE d’AFNOR a été perçu comme offrant un référentiel exigeant, basé sur la norme volontaire ISO 26000, un cadre structurant favorisant l’amélioration continue. Les intervenants ont insisté sur l’importance de l’évaluation sur site et du regard d’un évaluateur externe indépendant. Pour Santéclair, déjà certifiée ISO 27001, Service France Garanti et HDS (Hébergement de données de santé) par AFNOR Certification, le choix s’est imposé naturellement, notamment pour la qualité et la rigueur d’AFNOR qui n’est plus à démontrer.

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