Hygiène des tatouages : le projet de norme européenne est ouvert aux commentaires

Hygiène des tatouages - projet de norme européenne

Hygiène des tatouages : le projet de norme européenne est ouvert aux commentaires

Les professionnels du tatouage et les praticiens de santé sont invités à commenter un projet de norme, d’application volontaire, sur les bonnes pratiques d’hygiène de tatouage. Un document attendu pour harmoniser la sécurité des consommateurs et des tatoueurs en Europe.

Engagé en 2014 à l’initiative de l’Allemagne, le projet de norme européenne sur le tatouage est aujourd’hui ouvert aux commentaires, jusqu’au 16 novembre en France. C’est la phase finale d’un projet mené par 11 pays (Les 11 pays participants au projet sont : l’Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Irlande, les Pays-Bas, la République Tchèque, la Suisse et la Slovaquie.) La France, représentée par une commission nationale de normalisation réunissant des acteurs du marché, a participé à la définition d’exigences communes à l’égard de cette pratique en très populaire qui séduisait 14 % des Français fin 2016, contre 10 % en 2010 (Etude IFOP pour le SNAT : « Les Français et le tatouage » – janvier 2017 ).

Une norme volontaire attendue en Europe

Compétence des tatoueurs en hygiène, organisation des locaux, préparation du poste de travail, méthode de désinfection et de stérilisation, gestion des déchets, informations à donner au consommateur, procédures de soins pour le tatoué… Chaque tatoueur d’Europe pratique son métier selon ses techniques et dans un contexte réglementaire national à géométrie variable, voire absent. Conséquence : la sécurité du tatoué et du tatoueur est difficile à garantir, et dans certains cas mise à mal.

C’est donc pour tirer les pratiques d’hygiène vers le haut qu’une démarche de normalisation européenne a été engagée, sur le principe du volontariat cher à cet exercice, la norme n’étant pas d’application obligatoire. La future norme NF EN 17169 proposera un mode d’emploi de l’acte de tatouage, étape par étape, assorti de recommandations et d’exigences sur la bonne gestion du matériel et des locaux. Ainsi, le tatoueur européen qui choisira de l’appliquer saura précisément, grâce aux annexes du document, comment réagir face à un accident d’exposition au sang, nettoyer ses outils avec des ultrasons, stériliser ses équipements ou encore réaliser un lavage hygiénique des mains, selon les recommandations de l’OMS. Le projet de norme européenne ne couvre pas la question de la composition des encres.

Résultant d’un consensus établi après de nombreuses discussions, le document aujourd’hui proposé constitue une avancée pour ce secteur en Europe. Dans son ensemble, Il satisfait la commission française, qui réunit des fournisseurs/importateurs de produits, des tatoueurs, des hygiénistes, des autorités de santé et des représentants de centres de formation. L’enquête publique vise à faire connaître plus largement ce projet auprès des tatoueurs, de leurs formateurs, mais aussi des professionnels de santé (dermatologues, infirmiers, médecins, etc.). Leur avis sera pris en compte et complètera la position de la France qui sera ensuite défendue au niveau européen, face aux autres pays.

Gagner du temps

« La réglementation française à l’égard du tatouage a été pionnière en Europe et cadre déjà bien les choses. La norme européenne aidera néanmoins les acteurs du domaine à harmoniser les pratiques d’hygiène. Ce sera aussi une première base commune pour uniformiser les formations en hygiène et améliorer la sécurité des consommateurs, comme celle des tatoueurs », résume Danièle Chiambaretto, président de la commission de normalisation AFNOR et pharmacien au sein de l’Agence régionale de santé Occitanie.

« Nous avons investi dans ce projet et le soutenons car il sera positif pour la France et nos homologues en Europe. Les Français ont mis à profit leur expérience en pesant dans les discussions pour que le texte reste pratique et orienté vers les tatoueurs. Ceux qui s’y conformeront pourront valoriser leurs bonnes pratiques auprès de leur clientèle et garantir la sécurité de tous », ajoute Olivier Laizé, vice-président de la commission AFNOR et porte-parole du SNAT, le syndicat national des artistes tatoueurs.

La norme européenne sera mise à disposition dans la collection AFNOR, disponible ici, une fois la phase de consultation terminée, au premier semestre 2018.

> Participer à l’enquête publique

Contact presse : pour en savoir plus, recevoir le projet de norme ou sollicter une interview
Olivier Gibert – tél : +33 1 41 62 85 55 – presse@afnor.org – Twitter @AFNOR_RP

Suggestions d’angles de traitement :

  • Quelles sont les règles d’hygiène essentielles qu’un tatoueur doit respecter ?
  • Comment les tatoueurs sont-ils formés aujourd’hui en France ?
  • Hygiène, sécurité, propreté des locaux : les tatoueurs sont-ils contrôlés ?

A propos d’AFNOR

AFNOR est l’organisme français de référence pour les normes volontaires. Il gère la collection des documents qui existent et anime les travaux des parties intéressées pour la création, la révision des normes et pour défricher les sujets pouvant donner matière à en élaborer de nouvelles. Lancée à l’initiative des acteurs du marché, la norme volontaire est un cadre de référence qui vise à fournir des lignes directrices, des prescriptions techniques ou qualitatives pour des produits, services ou pratiques au service de l’intérêt général. Tout le monde peut participer à sa création et toute organisation peut ou non l’utiliser et s’y référer. C’est pourquoi la norme est dite volontaire. En coordinateur de la normalisation en France, AFNOR affiche une ambition : contribuer à la diffusion de bonnes pratiques et de solutions efficaces, au bénéfice de tous. normalisation.afnor.org