EFQM : le modèle révisé sera dévoilé en octobre 2019

La Fondation européenne pour la gestion de la qualité (EFQM), poursuit la révision de son modèle d’excellence. La version 2020 sera présentée en octobre 2019. Tour d’horizon à l’aube d’évolutions très attendues.

Créé il y a trente ans et révisé pour la dernière fois en 2013, l’EFQM est un modèle de management qui aide toute organisation à viser l’excellence. Il tire son nom de la structure qui m’a mis au point, la Fondation européenne pour la gestion de la qualité (European Foundation for Quality Management. Depuis 2017, celle-ci œuvre pour l’actualiser. La version 2020 sera ainsi présentée en octobre 2019. Pour Foucauld de Lauzon, délégué général EFQM en France, « l’excellence, c’est atteindre et maintenir des résultats remarquables de performance qui répondent ou dépassent les attentes des parties prenantes. L’excellence implique une dimension de performance globale, durable et responsable. »

L’EFQM, pour tous

Modèle générique, l’EFQM s’adresse à tout type d’organisation ou d’entreprise, qu’elle soit petite, grande, privée, publique, mono-site ou multi-sites, et de tous secteurs. Le modèle, dont AFNOR est le partenaire officiel en France, est systémique : il concerne toute l’organisation et toutes ses parties prenantes. Il est non-exclusif, c’est-à-dire compatible avec tout autre type de démarche, qualité ou autre, certifiée ou non. Enfin, le modèle EFQM est non-prescriptif : il ne comporte pas d’exigence et n’impose rien. Pour Patrick Iribarne, cofondateur du cabinet Strateis, spécialiste de l’EFQM, « il y a deux utilisations de l’EFQM : obtenir un diplôme ou chercher un gain de performance. Il s’agit d’une démarche à 360 degrés, qui inclut les clients, le personnel. Elle est ouverte sur les aspects sociétaux, sur les composantes environnementales et sur l’efficacité opérationnelle. »

Accessible à tous et gratuitement en France grâce à deux sponsors (RATP et AFNIC), l’EFQM compte plus de 50 000 adeptes dans le monde. La France est encore en retrait. « La France compte moins d’une quinzaine d’évalués par an. D’autres pays européens, comme l’Espagne, affichent des niveaux nettement supérieurs. Mais les contextes sont bien différents. En Espagne, le gouvernement apporte un soutien aux entreprises qui s’engagent dans une démarche EFQM », commente Foucauld de Lauzon.

Un système de notation

Les organismes les plus volontaristes utilisent la démarche EFQM et son système de notation. La somme maximale à atteindre s’établit à 1 000 points, dont 500 points sur les bonnes pratiques et 500 points sur les résultats. Les certificats sont décernés graduellement : une organisation est excellente à partir de 650 points, mais les premiers niveaux de diplômes (R4E) en nécessitent deux fois moins. « Cette notation est peut-être à l’origine du manque d’engouement des entreprises françaises pour l’EFQM. Les entreprises la considèrent comme un sport d’élite », regrette Patrick Iribarne.

Mais le modèle EFQM avait besoin d’être révisé. « Il fallait rafraîchir le modèle, qui doit continuer de favoriser des échelles de comparaison communes », estime Patrick Iribarne. La transformation digitale, outil à tout faire dans les entreprises, sera mieux intégrée dans la démarche. « Les communautés de clients sont de plus en plus puissantes, l’attractivité vis-à-vis du personnel devient un problème récurrent, rappelle Patrick Iribarne. Une société de nettoyage industriel peut très bien se laisser inspirer par les bonnes pratiques d’un institut de formation. Une centrale nucléaire a intérêt de s’intéresser à ce qui se passe dans un centre spatial. Certaines problématiques sont identiques, notamment dans la gestion des apprentissages. » La version 2020 du modèle sera présentée en octobre 2019.

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Source : Enjeux n°394