De nouveaux pictos dans vos stations-services

De nouveaux pictos dans vos stations-services

Un automobiliste se servant un gazole B7 dans une station-essence

Comme la gamme des carburants alternatifs s’étend, il était temps de revoir la dénomination et la représentation graphique de tous les carburants distribués dans les stations-services d’Europe. Une norme européenne faite par les professionnels eux-mêmes, NF EN 16942, propose des modèles de pictogrammes à apposer sur les équipements.

Éthanol, biodiesel, gaz naturel pour véhicules, et bientôt hydrogène… Les stations-services ne se contentent plus de vendre des carburants dérivés du pétrole. Sous forme liquide, sous forme gazeuse ou même sous forme d’électricité, les énergies alternatives censées décarboner le secteur des transports y ont désormais leur place, au même titre que le SP95, le SP98 ou le gazole. Mais avec autant de sigles, de couleurs et de produits au nom barbare, il y avait lieu de revoir la dénomination de chaque carburant et de représenter chacun d’entre eux par un symbole graphique identique dans toute l’Europe. De Lisbonne à Helsinki, l’automobiliste doit avoir l’assurance qu’il se ravitaille avec le bon produit ! C’est une norme volontaire européenne qui fait ce travail : la norme NF EN 16942, publiée en juin 2017.

Que recommande la norme NF EN 16942 ?

Elle propose aux distributeurs une palette de pictogrammes dans un code couleur (noir sur fond blanc ou argenté), une police de caractères, une forme, une taille et une symbolique précis. Ainsi, pour les carburants de type essence, qui héritent d’un pictogramme cerclé, la symbolique joue sur la teneur maximale en éthanol. Ainsi, le SP95 et SP98, qui en France contiennent 5 % d’éthanol en mélange banalisé, deviennent E5 ; le SP 95-E10 devient E10. La logique se décline à l’infini : E85 pour les véhicules flexfuel, en attendant E100 un jour. Certains des carburants disposent d’un symbole mais ne sont pas commercialisés en France (comme le B20, par exemple), ou sont réservés aux flottes captives, hors réseau de distribution de masse (comme le B30, gazole incorporant 30 % de biocarburant à base d’esters végétaux).

Que change-t-elle dans les stations-service ?

Elle complète et harmonise l’information donnée à l’automobiliste, qu’il ait l’habitude faire le plein en Espagne, en France, en Suède ou dans un pays associé à l’UE au sein de l’espace économique européen (Suisse, Islande, Norvège, etc.). Attention : c’est bien sur la représentation graphique du carburant que porte la norme, pas sur leur composition. Spécifications techniques, méthodes d’essais et modes d’homologation sont traitées dans d’autres normes. Les pictogrammes proposés pourront coexister avec les dénominations, appellations commerciales (par exemple, Excelium) et codes couleurs actuels.

Une norme de plus ?

La norme NF EN 16942 n’est pas une norme obligatoire. Ce qui s’impose aux pompistes, c’est l’obligation de fournir une information claire, pertinente et harmonisée à leurs clients. Une directive européenne de 2014 le rappelle encore, profitant de l’arrivée sur le marché de carburants alternatifs et décarbonés (biogaz carburant, hydrogène, etc.) pour « faire le ménage » en termes d’affichage. La réglementation française décline cette obligation en fixant une échéance au 12 octobre 2018. Elle fait le choix de reprendre, en annexe, le graphisme proposé dans la norme, dans des dimensions précises aussi bien pour la pompe que pour le pistolet. La norme se présente ainsi comme un « kit de communication » prêt à l’emploi pour les distributeurs assujettis. À cette date, il sera facile, pour les stations-service qui auront choisi d’utiliser la signalétique recommandée dans la norme d’être en règle, quitte à conserver un double affichage.

> Consulter la norme NF EN 16942…

© CEN/Cenelec