Nouvelle ISO 14001 : verdict en décembre 2022

L’enquête menée à l’automne 2021 ne permet pas d’acter une révision de la norme phare des systèmes de management environnemental. L’ISO se prononcera plus tard, à la lumière de l’analyse d’éléments additionnels.

Comme l’ISO 9001 sur le management de la qualité, la dernière version de la norme volontaire ISO 14001 sur le management environnemental date de 2015, et six ans après, l’heure est venue de savoir si, oui ou non, il est nécessaire de la réviser. En effet, toutes les normes volontaires sont appelées à évoluer, pour coller aux attentes des acteurs économiques et aux réalités des marchés.

A l’automne 2021, nous vous invitions à répondre à une enquête de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) sur la nécessité ou non de réviser la norme volontaire ISO 14001, qui fêtait alors ses 25 ans. Plus de 5 000 réponses sont parvenues au sous-comité technique de l’ISO (ISO/TC 207/SC 1), responsable de ce sujet, sous animation britannique. La plupart émanent d’utilisateurs chevronnés de la norme actuelle, issus d’organisations de plus de 500 collaborateurs, qui connaissent déjà l’ISO 9001. La France est le 5e pays à avoir fourni le plus de réponses, après l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne et les Etats-Unis.

Réponse en décembre 2022

Verdict : la révision n’est pas pour tout de suite. « Le 13 janvier 2022, au vu des réponses, le sous-comité a jugé qu’il n’y avait pas de consensus sur le fait de réviser ou non la norme ISO 14001. La décision sera donc repoussée à la prochaine plénière du comité, c’est-à-dire en décembre 2022 », annonce Lina Ismail, qui a coordonné les travaux pour AFNOR, au nom de la France. D’un côté, un bloc anglo-saxon pousse pour une révision ; de l’autre, plusieurs pays comme le Canada, la Malaisie ou la Belgique y voient peu d’intérêt à ce stade.

En effet, si la norme ISO 14001 est largement utilisée en Europe et sur le continent nord-américain, de nombreux pays issus d’autres régions du monde sont à peine en train de s’approprier le document, et défendent de ce fait une confirmation de la norme sous sa version 2015. D’autre part, les travaux préliminaires mis en place par l’ISO nécessitent d’être analysés plus finement. Les travaux se poursuivront donc cette année, repoussant leur conclusion à la prochaine plénière de l’ISO/TC 207/SC 1.

A la question « Sur quels points inciteriez-vous le comité de l’ISO à se pencher pour une révision de la norme ? », la première réponse citée est « l’identification des aspects environnementaux sur la chaîne d’approvisionnement ou à d’autres étapes du cycle de vie ». 43 % des répondants estiment que c’est sur ce volet que la norme devrait proposer de nouvelles choses. Le verdict intéressera de nombreux responsables environnement en France et dans le monde. En 2020, la France comptait 6 458 certificats ISO 14001 actifs, couvrant plus de 54 000 sites. Dans le monde, cette année-là, l’ISO dénombrait près de 350 000 certificats actifs, contre 312 000 un an plus tôt (source Iso Survey 2021).

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